Je n'écris pas pour une minorité choisie, qui ne m'importe guère, ni pour cette entité platonique tellement adulée qu'on surnomme la Masse. Je ne crois à aucune de ces deux abstractions, chères au démagogue. J'écris pour moi, pour mes amis et pour atténuer le cours du temps. Sans doute Borges considérait-il les lecteurs de la Pléiade comme des amis inconnus : il envisageait avec bonheur la perspective d'entrer dans cette Bibliothèque . Non content d'autoriser cette édition, il a pris part à son élaboration jusqu'à l'extrême fin de sa vie : il a guidé le travail de traduction et d'annotation, en livrant avec générosité ses réflexions sur son uvre, et en indiquant quels textes oubliés il acceptait que l'on exhumât pour l'occasion.
On parlerait volontiers d'édition définitive, si Borges n'avait écrit (dans sa préface à la traduction en vers espagnol du Cimetière marin de Valéry) que l'idée de texte définitif ne relève que de la religion ou de la fatigue
Ce volume contient: Ferveur de Buenos Aires - Lune d'en face - Cuaderno San Martín - Evaristo Carriego - Discussion - Histoire universelle de l'infamie - Histoire de l'éternité - Fictions - L'Aleph - Autres inquisitions. Articles non recueillis : Autour de l'ultraïsme - Chroniques publiées dans la revue Proa - Chroniques publiées dans La Prensa - Chroniques publiées dans Sur - Films - Chroniques publiées dans la revue El Hogar - Textes divers.