J'ai souvent suggéré en haut lieu qu'on fasse quelque chose sur Albert Camus avec les libertaires, mais l'on m'a regardée en me faisant comprendre qu'on n'était pas sur la même longueur d'onde , déclarait Catherine Camus, la fille de l'écrivain, cet été 2013 où, partout en France, on marquait le centenaire de la naissance de son père. Les textes réunis ici, et jamais séparés de leur contexte d'origine les revues où ils parurent
initialement viennent enfin célébrer ce génie libertaire dont Camus disait que la société de demain ne pourra se passer . En 1952, il livrait cet aveu quant au père de l'anarchie : Bakounine est vivant en moi. Travaillant avec ses amis anarcho-syndicalistes algériens, il suggère une solution fédérative pour la terre où il est né. Il rédige sous de Gaulle un statut pour les objecteurs de conscience ; adopte Gandhi et sa non-violence ;
intervient pour sauver des militants condamnés à mort par Franco, en Espagne, à ses yeux le seul pays où l'anarchie ait pu se constituer en parti puissant et organisé . Ces textes, enfin, portent son ultime message : Ne pas haïr, si l'on peut.
J.-P. Barou et S. Crossman