Je ne prétends ni connaître ni comprendre l'Inde. Qui pourrait y parvenir ? Sa formidable complexité, son extrême sophistication, sa vastitude et sa diversité, tout cela a de quoi faire perdre son sanskrit au plus indianisé des Occidentaux. Par rapport à l'Inde, on naît et on demeure le barbare d'Henri Michaux. J'assume, je fais de mon mieux, je tâche d'apprendre à chaque voyage. L'Inde est inépuisable. Elle est également en train de devenir, face à la cacophonie et la brutalité qui dominent le monde, une voix qui compte de plus en plus, une voie différente d'approche des problèmes, un partenaire majeur, stable et démocratique. Elle mérite le siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU qu'elle revendique depuis longtemps, sans impatience. L'Inde a tout son temps. Ses amis ne peuvent que s'en réjouir, sans angélisme ni aveuglement, mais avec confiance. Je suis de ceux-là, fasciné mais lucide, chaque jour un peu plus ébloui par ce pays. J.-C. P.