Si Ryôkan est considéré comme un des plus grands poètes de waka de la fin de la période Edo (1600-1868), ses successeurs apprécient ces poésies où résonne l'écho même du coeur , où n'apparaît nulle trace d'arrangement factice , où la pensée se livre telle quelle (Itô Sachio, 1864-1913), et ces poésies qui toutes possèdent une douceur sans détour, mais permettent aussi, derrière l'apparence lisse et franche, de goûter une âme dont on sent qu'elle garde quelque chose d'inviolable : cela tient sans doute au fait qu'il s'agit de poésies relevant du style Man.yô (Saitô Mokichi, 1882-1953).
C'est tantôt du vent où se vient mêler la neige tantôt de la neige où se vient mêler le vent Près du feu qui dort je suis à mon aise assis mais il m'ennuie fort d'être en cet abri de chaume enfermé ainsi et quand je compte le temps le mois des bourgeons aussi rapide qu'un rêve est ce me semble écoulé