Subtil connaiseur de l'Union soviétique et maître absolu de la littérature. Todorov a souhaité éclairer les rapports idéologiques qui s'établissent entre les créateurs dans les différents domaines artistiques et les dirigeants politiques en Russie à partir de la Révolution d'Octobre. Comment les artistes-créateurs ont-ils annoncé la révolution? Comment, celle-ci une fois réalisée, ont-ils obéi ou échappé au discours soviétique officiel transformant en dogme le réalisme socialiste? La pratique consistant à remplacer la réalité par un récit fictif a-t-elle engendré ou tué l'art? Pour y répondre, Todorov explore le destin d'une mosaïque de personnages, Maiakovski, Pasternak, Boulgakov, Mandelstam... Il retrace particulièrement le parcours du peintre Kasimir Malevitch, dont la pluralité des voies empruntées fait écho à l'intensité de son engagement tout au long de sa vie. Le Triomphe de l'artiste, c'est finalement le pouvoir de l'art sur celui qui veut sa mort. Mais aussi le triomphe de l'humanisme de Todorov.