J'étais un barbare. Je me nourrissais lorsque j'avais faim, je me baignais dans la mer quand j'avais chaud, me séchais à l'air du crime, et couchais avec une femme si elle m'y invitait. Camus est un personnage tragique. Enfant, il contracte la tuberculose, et grandit dans la misère entre une grandmère tyrannique et une mère mutique depuis le décès de son mari pendant la Grande Guerre. Recueilli par un oncle et une tante, il découvre la lecture avec son instituteur Germain et la vie intellectuelle auprès de son professeur Jean Grenier. Un temps affilié au Parti communiste, il ne cesse de défendre les républicains espagnols et de revendiquer les mêmes droits pour les Arabes que pour les Français dans les colonnes d'Alger républicain, dirigé par Pascal Pia.
Salim Bachi nous raconte tout ça, la jeunesse, son goût pour les femmes, les combats d'idées, croisant brillamment deux époques-clé d'un des plus grands écrivains du XXe siècle : alternent, en chapitres croisés, l'époque où le jeune homme découvre la vie et les années où l'écrivain devenu célèbre vient d'achever les Justes, est frappé par un ennui de vivre profond, mais rencontre, lors d'un voyage pour le Brésil, une femme au charme mystérieux, Moïra. De ce roman inspiré, on tire une image d'un Camus inquiet, brillant, sensuel et fraternel.