Le psychanalyste Jean Imbeault raconte pourquoi et comment il a enregistré des analyses entières avec l'accord du patient. Geste aberrant, puisque le mouvement d'une analyse, pour l'analyste aussi, doit céder à l'oubli, à la régression - au refoulement. On aurait donc pensé que des traces objectives, figées et fidèles de ce qui s'est dit sont contre-productives. Or, sans complaisance, Imbeault expose que cette technique permet d'observer la recomposition incessante de la parole et de décrire le moi comme "une permanence qui passe" : le moi "coïncide à chaque instant avec l'étrange - et trompeuse - nouveauté du présent qui passe".
Le propre de la psychanalyse serait-il de recréer le moi dans ses variations ?