"Je me revois, en cet automne, dans la triste étude de l'internat du lycée, regarder la neige précocement tomber, et faire un beau voyage intérieur : Constantinople, Ankara, Ispahan, Kaboul, Samarcande, l'Alsace... A la bibliothèque, j'avais trouvé un ouvrage au titre mal centré sur une couverture fatiguée, Les Noyers de l'Altenburg. Ce fut le livre de mon adolescence. Une vingtaine d'années plus tard, mon premier essai littéraire fut Pour Malraux, écrit à la diable en quelques semaines, lointain écho d'une lettre qui n'avait pas trouvé son destinataire, car j'ignorais qu'il était en train de mourir.