C'est une histoire simple, universelle. Après huit ans d'amour Adrian quitte A. pour une autre
femme. Beaux Rivages est la radiographie de leur séparation. Mon roman (comme pris dans un
segment) débute avec les attentats de janvier 2015 et s'achève avec ceux de novembre. J'y voyais
une forme d'écho et de lien.
En dépit de l'âge, du sexe, de la nationalité, de la condition sociale, nous sommes tous égaux
devant un grand chagrin d'amour, comme si la tristesse formait, à elle seule, une communauté.
Nous passons tous par les mêmes phases, d'abattement, de désespoir, de colère, de manque, de
haine, d'apaisement enfin. Nous développons tous les mêmes défenses et les mêmes stratégies.
Faisant ce constat, j'ai écrit Beaux rivages pour tous les quittés du monde. Pour tous ceux qui
ont perdu la foi en perdant leur bonheur. Pour tous ceux qui pensent qu'ils ne sauront plus vivre
sans l'autre et qu'ils ne sauront plus aimer un autre. Pour comprendre aussi comment un abandon
en ressuscite d'autres. Pourquoi ne plus être aimé nous rend si nu, être trahi, si désarmé. Et pour
savoir enfin que l'amour triomphera toujours. En cela c'est un roman de résistance. N.B.