Ne serons-nous bientôt plus que des sujets connectés, communicants et consommateurs ? Sous le règne du sociétal et du comportemental, de l'" influenceur de l'" événementiel", sous l'empire de la coïncidence médiatique et du marché des idées, faisons-nous encore l'effort de penser ? Et d'abord en avons-nous le désir ? On s'insurge aujourd'hui - avec raison - du tarissement des ressources naturelles. Mais s'inquiète-t-on du tarissement silencieux des ressources intellectuelles et même pense-t-on à y penser ? On appelle au débat, mais ce " débat " sait-il dé-coïncider de l'idéologie du jour ? Tant est délaissée une philosophie plus exigeante qui sache s'écarter du régime de l'opinion et soit d'élaboration. Or, c'est le sort même de la démocratie qui est en cause face à la démagogie. C'est pourquoi je m'adresse à chacun ' á Toi ' pour que nous ne laissions pas s'affaisser, résignés, le pouvoir de la pensée dans la Cité.